Souvenirs d'hier et d' aujourd'hui

21 avril, 2008

les expulsions

Classé sous saleperie — rimadrean @ 9:41

expulsion.jpgMa grand-mère était repasseuse et franchement elle était une très bonne. Elle travaillait dans une petite boutique, dans une rue de Paris. Je crois que c’était dans la rue de Charenton, parallèle au faubourg St Antoine, le coin des artisans il y avait surtout les artisans du bois. Il faisait toujours très chaud dans cette boutique, il y avait deux poêles, un au milieu et l’autre au fond. Les poêles étaient à charbon et tout autour il y avait les fers sur les flancs du poêle, des petits, des gros et des bizarres. La beauté des dentelles, des broderies et des plissés, quel métier ! dur très dur mais elle l’aimait. Il y avait les « théâtreux », les dames chics, qui apportaient le linge à laver et à repasser. Marie, ma grand mère, était très demandée, il y avait des clientes qui ne voulaient qu’elle ! Ma grand-mère avait l’art du repassage, elle repassait mes chemises avec trois plis dans le dos, les manchettes, les cols amidonnés : les copains trouvaient que j’avais des super chemises. Mais il ne fallait pas lui demander de tricoter ou de repriser les chaussettes car là elle vous faisait un point croisé et on ne pouvait plus marcher sans être gêné. Pour la cuisine, presque la même chose, heureusement le père Jules était là, il lui faisait voir ou lui expliquait, nous mangions souvent des haricots secs ou pommes de terre à l’étouffée. Comme l’argent manquait à la maison, nous mangions de la bouillie, on se bagarrait pour avoir le fond de la casserole. Le père Jules tout le monde l’appelait comme ça pour moi c’était pépère. Il était le gérant de l’hôtel et sa soeur propriétaire, une vraie peau de vache, on l’appelait la( probloque). Quand elle arrivait, tous les locataires rentraient leur linge pendu au bord des fenêtres car elle ne voulait rien qui dépasse de la façade, les autres s’enfermaient de peur qu’on leur demande les retards de loyer. Il n’y avait de richesse pour personne. Les jours très mauvais, jours des expulsions, il y avait attraction. Ils attendaient que les gens soient partis travailler pour virer leurs meubles. Là je l’appelais le vieux père Jules car c’était lui qui ouvrait les portes, avec sa « punaise de soeur « comme disait ma grand -mère. Par moment, elle se mettait en colère avec sa petite voix, elle avait du mal à être crédible.

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