Souvenirs d'hier et d' aujourd'hui

21 avril, 2008

Bistrot Tricoche et les allemands

Classé sous bistrot triche — rimadrean @ 10:05

scan10027.jpg

Souvent les personnes expulsées restaient sans ressources, avec plus rien, alors les voisins leur faisaient une petite place chez eux, ils se serraient, en attendant les jours meilleurs. Mon grand père faisait semblant de ne pas pouvoir louer, pour faire revenir les gens sérieux qui avaient été expulsées. Car sa pingre de soeur était toujours à le surveiller. Mais le mieux c’était les locations sous faux noms, malgré les gendarmes et les allemands qui venaient faire des contrôles des livres comptables. Souvent il cachait des hommes dans les petites caches qu’il connaissait seul en passant par la cuisine; je les voyais rentrer, ne jamais sortir. Une fois mon grand père était sur la table de la salle à manger faisant les comptes de l’hôtel, j’étais dans la cuisine. J’avais étalé les balles de revolver, je jouais aux billes avec. Quand arrive ma grand mère en poussant, des hauts cris, mon grand père derrière, aussitôt engueulade, il prenait le balai pour balayer les balles et en passant me relevait en me mettant deux à trois coups de balai sur les fesses en me traitant de petit salopard. Il rigolait, pas de punition je suis sauvé. Ma mère m’a raconté une petite anecdote qui aurait pu mal finir. En 40 – 41 à peu prés, heureusement que c’était les soldats de l’armée régulière car je ne vous raconte pas s’il y avait eu les nazis. Ma mère rentre dans le café, le patron s’appelait Tricoche, j’étais dans une poussette, ma mère me met debout pour aller voir mon grand -père qui jouait au billard. Attrapé puis soulevé par un soldat allemand et dans son français presque sans accent dit: oh ! « La belle petite fille » d’abord il faut que je vous dise! C’était à cause de mes longs cheveux bouclés blond. Je lui réponds aussitôt avec mon air pas aimable que je ne suis pas une fille mais un garçon. Ils se sont mis à rire, moi je vous assure ça ne m’avait pas plu du tout. L’autre allemand me tend une tablette de chocolat. Pourtant du chocolat il y avait restriction et j’adorais ça mais le bonhomme avec son gros nez, je lui dis « caca chocolat » grand silence!. Maman dit; « prend le ce chocolat Dédé » « Non- caca « « je te dis « en faisant la grimace. Mon grand -père s’avançait près du militaire allemand « vous permettez « il prend la tablette de chocolat me descend des bras du soldat et me donne la fameuse tablette en regardant l’allemand avec le sourire un peu malicieux. Ma mère dit à l’allemand: « vous savez j’ai appris à mon fils de ne rien prendre des étrangers, autre que la famille. » Enfin ma pauvre mère s’empêtrait, mais l’allemand avait compris. Il se mit à rire, bu son verre fit un signe à son copain, le salut en allemand et ils partirent, au grand soulagement des personnes présentes dans le café. Les clients se décontractaient et j’étais la vedette. Et je vous prie de croire, après, c’était la rigolade et les jeux de mots comme j’ai encore l’habitude d’en faire à quatre sous.

Association "Pourquoi Pas" |
LA CRINIERE de KOUMAC |
Force Ouvrière Cordier-Lapeyre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CSF MEINAU - confédération ...
| château de l'Isle
| Oiseaux à Séné Morbihan